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Le doute

Serpent insidieux qui s’enroule autour de l’âme, le doute est le lieu commun de tout entrepreneur, et par entrepreneur je n’entends pas seulement celui qui porte un projet professionnel mais celui qui entreprend quelque chose au sens général. Le doute par définition est un état de l'esprit qui est incertain de la réalité d'un fait, de la vérité des paroles, de la conduite à adopter dans une circonstance. Le doute assombrit les visions, érode les motivations, vampirise les énergies. Rares sont ceux qui lui échappent, car même les plus inactifs peuvent un jour douter du bien-fondé de l’inaction. Seuls lui échappent ceux dont le niveau de conscience est au plus bas, parce que programmés voire même conditionnés à suivre un chemin dont ils ne peuvent sortir, non pas parce qu’ils ont peur, mais simplement parce qu’ils ne voient rien d’autre. Mais alors, si le remède au doute s’avère être le non-choix, à la peste ou au choléra, n’y a-t-il donc aucune autre alternative ?


Si le doute est inhibant ou paralysant, s’il empêche celui qui n’a pas encore démarré de se mettre en mouvement et celui qui s’est lancé d’avancer sereinement, et si l’on part du principe que tout comportement encore présent dans notre pool génétique a eu un jour un intérêt pour la survie et la perpétuation de notre espèce, alors quel était celui du doute, pourquoi était-il ? et que doit-on en faire aujourd’hui ? 

Le doute s'est à un moment voulu protecteur, induisant une pause dans l'action. Une mise à l'arrêt salvatrice des courses effrénées vers l'avant qui ne laissent que peu de place à l'évaluation d'une situation qui pourtant évolue à chaque pas. Bien utilisé, il permet un réajustement et donc une meilleure réponse, tel le marin qui corrige en permanence son cap évitant qu'une déviation initiale de quelques degrés ne se transforme en un gouffre irrattrapable. Mais sans garde-fou, ces effets deviennent vite pervers et ce qui était à la base un avantage permettant d’ouvrir le champ des possibles se retrouve à obscurcir l’horizon, paralyser le geste et empêcher l’action.


S’il n’est pas possible de l'éradiquer de par notre nature même d’être pensant, et peut-être n’est-ce finalement pas souhaitable puisque selon Nietzsche ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou, il convient toutefois d’apprendre à le gérer si l’on veut gagner en efficience et se rapprocher plus vite de nos objectifs. 

Pour ce faire, il peut être intéressant d’accorder au doute son tempo. Par là même, j’entends lui aménager un espace-temps dans lequel il sera totalement libre de s’exprimer, la contrepartie étant de l’empêcher d’exister en dehors de celui-ci. Cet espace-temps que l’on pourra nommer “doute volontaire” devra constituer en un moment de réflexion, d’évaluation et de validation (ou d’invalidation). Son institution sera volontairement mise en place à des moments clés du processus, avec pour point de départ inévitable l’instant qui précède l’action, puis à intervalles réguliers entre deux périodes dites de réalisation, dont la durée aura été établie en fonction de la nature de l’accomplissement. Au cours de ces périodes, le doute ne devra avoir nul droit d’expression, le sujet le rappelant à son tempo s’il daignait se présenter de manière inopportune.


Concepts clés à retenir


  • Donner un tempo au doute

  • Passer du doute subi au doute volontaire

  • Renvoyer le doute à son tempo s’il surgit hors de l’espace-temps qui lui est alloué



    


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